Molière
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Molière de A à Z

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Au début de sa carrière, Molière se considère moins comme un écrivain que comme un acteur et un chef de troupe. Après avoir écrit avec L’Etourdi et Le Dépit amoureux des comédies en cinq actes et en vers, et avoir un peu plus tard connu le succès populaire avec Les Précieuses ridicules, il ne manque pas d’ironiser dans la préface de cette pièce : « Mon Dieu, […] qu’un auteur est neuf la première fois qu’on l’imprime ! Encore si l’on m’avait donné du temps, j’aurais pu mieux songer à moi, et j’aurais pris toutes les précautions que Messieurs les auteurs, à présent mes confrères, ont coutume de prendre en semblables occasions. Outre quelque grand seigneur que j’aurais été prendre malgré lui pour protecteur de mon ouvrage, et dont j’aurais tenté la libéralité par une épître dédicatoire bien fleurie, j’aurais tâché de faire une belle et docte préface ; et je ne manque point de livres qui m’auraient fourni tout ce qu’on peut dire de savant sur la tragédie et la comédie, l’étymologie de toutes deux, leur origine, leur définition et le reste. J’aurais parlé aussi à mes amis, qui pour la recommandation de ma pièce ne m’auraient pas refusé ou des vers français, ou des vers latins. J’en ai même qui m’auraient loué en grec, et l’on ignore pas qu’une louange en grec est d’une merveilleuse efficace à la tête d’un livre. » Hostile à l’impression de ses pièces, il ne se résout à l’édition que pour éviter les contrefaçons, et encore n’apporte-t-il pas le moindre soin à la correction de ses ouvrages. Il pense en effet que, contrairement à la tragédie, écrite à la fois pour la représentation et pour la lecture, la comédie ne donne sa pleine mesure que lorsqu’elle est jouée, et qu’elle s’appauvrit quand on la prive du « jeu du théâtre » (Voir la Préface de L’Amour médecin). Cela ne l’empêche pas néanmoins de tenter de s’imposer et d’asseoir sa réputation d’auteur dramatique à part entière. D’une part, il cherche à faire oublier celle de farceur — terme méprisant — que lui font ses ennemis, car le genre comique est encore considéré comme mineur par la bonne société qui réprouve le rire, réaction purement corporelle propre au peuple ; et c’est pour cela qu’il écrit Dom Garcie de Navarre, une comédie héroïque. D’autre part, il projette de réaliser sa propre édition de ses œuvres complètes, pour laquelle il prend un privilège en date du 18 mars 1971, preuve qu’il se préoccupe, plus qu’on ne l’a pensé, de la survie de son œuvre.