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Molière de A à Z

Comédie-Française

Le 24 août 1680, le roi décide, sans doute par désir de mieux faire sentir son autorité centralisatrice, la fusion des deux troupes restant à Paris : celle de l’Hôtel Guénégaud — qui regroupe les comédiens de Molière après la mort de celui-ci — et celle de l’Hôtel de Bourgogne. Il crée ainsi la Comédie-Française, comptant vingt-sept acteurs, chiffre élevé qui permet de donner des représentations tous les jours de la semaine, et qui jouit du monopole des représentations en français « à Paris et dans les faubourgs ». Bien que l’administration royale intervienne de manière constante et autoritaire dans la vie de la nouvelle troupe, par l’intermédiaire de la Maison de la Dauphine, femme de Monseigneur, les comédiens ne s’en plaignent pas, car ils sont à l’abri de certains abus dans la distribution des rôles dont ils ont pu être victimes auparavant. Le répertoire de la troupe se compose alors de l’ensemble des œuvres de Molière, de celles de Racine, mais seulement de douze tragédies de Corneille — ainsi que d’une de ses comédies, Le Menteur —, et de quelques pièces de Scarron, de Rotrou et de Thomas Corneille. En 1687, la Comédie-Française doit déménager, en raison de l’ouverture à proximité du théâtre du collège religieux des Quatre-Nations, fondation testamentaire de Mazarin. Après bien des vicissitudes et au bout de huit mois d’efforts tenaces, les comédiens trouvent le jeu de paume de l’Étoile, situé au n°14 de l’actuelle rue de l’Ancienne-Comédie. Refusant tout honoraire, l’architecte François d’Orbay dresse rapidement des plans qui donnent naissance à une superbe salle à l’italienne, dont l’acoustique est remarquable, et qui sera ouverte durant un siècle. À l’époque révolutionnaire, la Comédie-Française est fermée par ordre du Comité de Salut Public le 3 septembre 1793, et les comédiens sont emprisonnés. Après leur libération à la suite du 9 thermidor, ceux-ci se dispersent sur les différentes scènes qui ont ouvert à Paris après la proclamation de la liberté des théâtres (13 janvier 1791). À nouveau réunis en mai 1799, par les efforts conjugués du ministre de l’intérieur François de Neufchâteau et de René Mahérault, ils recommencent à représenter leur répertoire le 31 mai 1799 à la salle de la rue de Richelieu, leur salle – rebaptisée Odéon en 1795 – ayant brûlé en mars. En 1812, Napoléon alors à Moscou reprend dans un décret, en termes de droit moderne, l’ensemble des règlements qui régissent le fonctionnement de cette institution, qu’on nomme respectueusement aujourd’hui la Maison de Molière, rétablissant partiellement son monopole, déjà réaffirmé en 1807 lors de sa réorganisation des Théâtres de Paris.