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Molière de A à Z

Comédiens italiens

Entrés en France grâce à Catherine et Marie de Médicis, ils introduisent un art tout à fait original, la commedia dell’arte où chaque comédien est spécialisé dans un emploi précis : l’amoureux, le capitaine fanfaron, le vieillard, le Docteur, etc. Le ton des pièces est toujours satirique et parodique à l’égard de certaines institutions comme la justice ou la police, parfois leste ou même grivois, ce qui, à la fin du siècle, vaut à la troupe d’être expulsée du royaume. Ces acteurs sont des artistes accomplis, tout à la fois mimes, acrobates, musiciens, danseurs, car l’expression mimique et corporelle y est d’autant plus développée — ils sont « fort gestueux », dit Sorel — qu’ils s’expriment en Italien et qu’ils portent un masque. Les troupes qui passent à Paris sont parmi les plus célèbres d’Italie : les Accesi, les Confidenti, les Fedeli ou les Gelosi. Loin d’être de vulgaires saltimbanques, ce sont bien souvent des comédiens cultivés, auxquels on doit parfois des œuvres littéraires, tels Pier Maria Cecchini, Tristano Martinelli, Giovan Battista Andreini, ou encore Francesco et Isabella Andreini.

Les Comédiens Italiens, animés par Tiberio Fiorilli, dit Scaramouche, partagent depuis 1658 la salle de Théâtre du Petit-Bourbon avec la troupe de Molière. Il n’est pas douteux que celui-ci soit influencé non seulement par le jeu et la dramaturgie des italiens, mais aussi par le maître qu’il respecte, non seulement dans son jeu, mais aussi, par voie de conséquence, dans son écriture dramatique. En 1673, ils suivent sa troupe à l’Hôtel Guénégaud, et après la création de la Comédie-Française, ils s’installent dans l’ancien Hôtel de Bourgogne. Vers la fin du siècle, les bonnes relations qu’ils entretiennent avec les Comédiens Français se gâtent un temps, car ils se mettent à jouer quelques scènes en français. On porte alors l’affaire devant le roi, et après que Baron a exposé les griefs des Français, Dominique Biancolelli, le célèbre Arlequin, prend à son tour la parole : « — En quelle langue Votre Majesté veut-elle que je parle ? — « Éh, parle comme tu voudras », répond le roi. — « J’ai gagné mon procès. Nous ne demandons pas autre chose », s’exclame Arlequin. Le roi rit et lui donne raison. (Voir Delia Gambelli, Arlechino a Parigi, Dall’Inferno alla corte del Re Sole, Roma, Bulzoni, 1993.)