Molière
Œuvres Chronologie Molière de A à Z Molière et Pézenas
Médiathèque
Bibliographie Filmographie Iconographie Actualités Liens Contact
Accueil > Molière > Molière de A à Z > D’ASSOUCY

Molière de A à Z

D’ASSOUCY

Le 16 octobre 1605 naît à Paris Charles Coypeau qui prend dans les années 1620 le nom de D’Assoucy ou Dassoucy. Formé chez les jésuites puis devenu vagabond soumis à une errance perpétuelle, D’Assoucy connaît des Aventures qui nous renseignent sur ses goûts personnels et sur la façon dont on recevait au dix-septième siècle. De tous les passe-temps de son époque, il préfère le jeu et de tous les arts la musique.

En 1639 Saint-Simon le fait jouer devant Louis XIII. À l’aise avec les grands du royaume, il fait rire le jeune Louis XIV* de ses bons mots. Lorsque Scarron* déclenche la mode du burlesque notamment avec le Virgile travesti (1648), D’Assoucy y prend goût et écrit L’Ovide en belle humeur, parodie de loin plus enjouée et savoureuse que L‘Ovide bouffon de Richer. En fait, D’Assoucy se montre le maître incontestée du burlesque digestif.

Il est possible que D’Assoucy ait fait connaissance de Molière et des Béjart* dès 1642. Nous savons de fait que Molière et D’Assoucy se sont rencontrés aux Etats de Carcassonne en 1648. Dans ses Aventures d’Italie, D’Assoucy prétend même qu’il a travaillé avec Molière sur une chanson : « Vous, Monsieur Molière, qui fistes à Béziers le premier couplet de cette chanson, oseriez-vous bien dire comme elle fut exécutée, et l’honneur que vostre Muse et la mienne reçeurent en cette rencontre ». C’est dans « Les Rimes redoublées » que D’Assoucy déclare :

J’ai toujours été serviteur
De l’incomparable Molière
Et son plus grand admirateur.

En 1650 D’Assoucy participe à la composition de la partition de l’Andromède de Corneille* et compose la première pastorale en langue française, Les Amours d’Apollon et Daphné, pièce qui oriente le théâtre en France sur le chemin de l’opéra. L’influence de ce musicien sur Molière peut sans doute se retrouver dans le fait que la troupe du dramaturge choisit de jouer Andromède en 1653 et crée la première du Ballet des Incompatibles en 1654.

Emprisonné à plusieurs reprises, surtout en Italie, parce que « hérétique, non en fait de religion, mais en fait d’amour », il trouve toujours le moyen de se faire libérer mais non sans subir de tristes leçons : « je trouvois que les plus méchans n’estoient pas dans les prisons ny dans les Galeres, mais dans les Palais les plus superbes, et dans les carrosses les mieux dorez » (Les Pensées de Monsieur Dassoucy dans le Saint Office à Rome). Ayant regagné la faveur du roi, il passe ses dernières années à rédiger les Aventures de Monsieur D’Assoucy et ses Aventures d’Italie qui paraissent en 1677, l’année même de sa mort. Malgré ses nombreux contacts avec Molière et sa troupe, D’Assoucy n’a pas été appelé à collaborer avec lui lorsque celui-ci se tourna vers la comédie-ballet. (Ronald W. Tobin).