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Molière de A à Z

Éloge paradoxal

De la Grèce Antique au XVIIe siècle, l’éloge paradoxal, qui choisit de louer ce que l’opinion commune aurait tendance à condamner, constitue une pratique rhétorique facétieuse des plus vivaces. Éloge de son clystère par M. Purgon (Le Malade imaginaire, III, 5), blason trop flatteur de sa propre personne par Sganarelle (Le Mariage forcé, sc. 1), éloges de l’inconstance par Dom Juan (Dom Juan, I, 2) ou du cocuage par Arnolphe (L’École des femmes, I, 1, v. 21-73), l’œuvre de Molière fourmille de ces pseudo-encomia qui peuvent ménager une grande variété d’effets comiques.

Dom Juan, en particulier, leur offre une place extrêmement importante : de l’éloge du tabac par Sganarelle (I, 1), à celui de l’hypocrisie par Dom Juan (V, 2), en passant par le blâme sérieux de la vengeance par Dom Carlos (IV, 4), l’œuvre semble tout entière construite autour de ce motif rhétorique qui contribue à faire vaciller les certitudes, puisqu’il introduit constamment un doute sur la position du personnage (et qui plus est de l’auteur) par rapport à sa propre parole. (Voir sur cette question Patrick Dandrey, Dom Juan ou la Critique de la Raison Comique, Paris, Champion, « Bibliothèque de Littérature Moderne », 1993, et, du même auteur, L’Éloge paradoxal de Gorgias à Molière, Paris, PUF, « Écriture », 1997).