Molière
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Molière de A à Z

Ennemis

Molière doit faire face durant toute sa vie aux ennemis acharnés qu’il s’est faits, dont les plus dangereux sont assurément ceux qui appartiennent à des institutions ou à des côteries mises en cause dans ses pièces. Dans L’Ombre de Molière, d’Assoucy range dans cette catégorie les théâtres rivaux, tels que l’Hôtel de Bourgogne et le Marais, les médecins et les dévots regroupés au sein de la Compagnie du Saint-Sacrement.

Molière est parfois en butte à l’agressivité de ces individus, comme le montre l’anecdote suivante, relative à la querelle de L’École des femmes, rapportée en 1725 par La Martinière, auteur d’une Vie de Molière : « Le duc de la Feuillade […] s’avisa d’une vengeance aussi indigne d’un homme de sa qualité qu’elle était imprudente. Un jour qu’il vit passer Molière par un appartement où il était, il l’aborda avec des démonstrations d’un homme qui voulait lui faire caresse. Molière s’étant incliné, il lui prit la tête, et en lui disant : “Tarte à la crème, Molière, tarte à la crème”, il lui frotta le visage contre ses boutons qui, étant fort durs et fort tranchants, lui mirent le visage en sang. Le roi, qui vit Molière le même jour, apprit la chose avec indignation, et le marqua au Duc, qui apprit à ses dépens combien Molière était dans les bonnes grâces de Sa Majesté. »

Mais Molière sait se défendre en rendant coup pour coup dans ces luttes, et ses ennemis, tels les faiseurs de sonnets, savent qu’il ne fait pas bon lui servir de cible, car il n’hésite pas à faire des « applications ». L’abbé Cotin est ainsi bien malheureux d’avoir traîté Boileau, ami de Molière, de M. « Desvipéraux », et d’avoir souhaité que l’Église excommunie les comédiens. Molière répond en intitulant d’abord Tricotin, sa pièce Les Femmes savantes, puis il se contente de nommer son personnage Trissotin, ce qui est d’autant moins ambigu qu’il fait acheter chez le fripier, dit-on, un vieil habit du bel esprit comme costume de scène. Enfin, il utilise, pour la fameuse dispute entre Trissotin et Vadius — scène qui aurait véritablement eu lieu chez Mlle de Montpensier entre Ménage et Cotin —, des vers réellement écrits par ce dernier » ; il semble que l’abbé Cotin ne se soit jamais remis d’un pareil traitement. Quant à Ménage, il fait à Mme de Rambouillet une réponse habile, qui lui permet de ne pas se reconnaître sous les traits de Vadius, l’helléniste ridicule : « Quoi, Monsieur, vous souffrirez que cet impertinent Molière nous joue de la sorte ? — Madame, j’ai vu la pièce, elle est parfaitement belle : on n’y peut rien trouver à redire, ni à critiquer. »

On sait enfin qu’un certain nombre de gens, d’abord amis de Molière, sont devenus ses plus farouches ennemis ; c’est le cas d’Anne d’Autriche, de son ancien protecteur, Conti, de Lully, et de Racine. Iconographie