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Molière de A à Z

Lettre sur la comédie de l’Imposteur

Cette lettre parue le 20 août 1667, et dont l’auteur n’est pas connu — peut-être Donneau de Visé —, est une sorte de plaidoyer en faveur du Tartuffe, interdit dès le lendemain de sa première et unique représentation, le 6 août. Comme l’auteur de cette lettre prend la défense de la comédie, que par conséquent la philosophie qui sous-tend ces quelques pages n’est pas opposée à celle du poète, et qu’en outre il semble disposer du texte de la pièce, car la relation qu’il en donne est extrêmement précise, on s’accorde à penser que Molière l’a pour le moins conseillé. Cet important document témoigne d’une conception providentielle et optimiste de la nature humaine : guidé par la raison, l’homme tendrait naturellement au bien et éprouverait du dégoût pour le vice, système de valeurs de la plupart des contemporains, et qui s’inspire de divers courants philosophiques, tels que l’aristotélisme, le néo-platonisme, l’humanisme dévot et cicéronien. Cette vision du monde sous-tend la poétique du genre, car elle justifie l’utilité morale de la comédie qui peut prétendre corriger quelques uns des errements de l’homme (hypocrisie, avarice, ou snobisme), considérés comme des accidents ; le rire se présente par voie de conséquence comme une sanction morale saine de la part du public à l’égard d’un héros ridicule et contribue ainsi à la correction des mœurs. Le poète croit-il à cette conception ou n’est-ce là qu’une attitude « obligée » par le puissant courant moral de la vulgate comique ? Toujours est-il que Molière continuera jusqu’au Malade imaginaire à châtier les mœurs, même quand il jettera sur le monde un regard plus réaliste et plus sombre, non seulement dans Dom Juan, Le Misanthrope ou L’Avare, mais également dans les comédies-ballets telles que Monsieur de Pourceaugnac, Le Bourgeois gentilhomme ou encore Le Malade imaginaire).