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Molière de A à Z

LULLY, Jean-Baptiste

(1633-1687). Ce musicien florentin, vient à la Cour de France en 1643, grâce au duc de Guise. S’étant rallié à Louis XIV pendant la Fronde, il devient son musicien attitré, d’autant que le roi, musicien et danseur, participe volontiers aux ballets représentés à la Cour.

Il arrive au Florentin de prendre part en personne à des spectacles : dans le second intermède de Monsieur de Pourceaugnac, il interprète l’un des deux musiciens italiens travestis en médecins grotesques, qui, armés de seringues à clystère, chantent Piglia lo su (Prends ce lavement). Le talent de mime de Lully lui vaut également un franc succès dans le rôle du muphti du Bourgeois gentilhomme. Ce petit homme, négligé de sa personne, qui deviendra le créateur de l’opéra français, allie, en bon florentin, un goût prononcé pour l’intrigue à de grandes qualités de musicien.

Au sujet de sa brouille avec Molière, il convient d’être très prudent, car les documents font défaut. Nous savons simplement que Molière s’est entendu avec Lully pour reprendre en mains l’Académie Royale de musique, alors en difficulté et qu’il a collaboré avec lui pour Psyché, mais que le poète retire seul le privilège le 31 décembre 1670, une quinzaine avant la première ; qu’en avril, il entreprend des travaux dans son théâtre de Palais-Royal, pour y jouer Psyché, qui, selon ses prévisions, connaît un grand succès le 24 juillet 1671 ; qu’ensuite, Molière fait imprimer la pièce en octobre 1671 à ses frais. Mais que s’est-il passé ? Y a-t-ileu un arrangement verbal entre les deux hommes ? ou Molière est-il responsable de la brouille, car en faisant publier un ouvrage offert au roi, il rompt avec toutes les traditions. Cette attitude, peut-être ressentie comme une manifestation d’indépendance intempestive, a-t-elle froissé le souverain ? Ou s’est-il passé quelque chose d’important, entre les deux hommes, que nous ignorons ? Toujours est-il que Lully obtient pour lui seul, le 29 mars 1672, le privilège exorbitant d’interdire à tous les sujets du royaume, quelles que soient leur qualité et condition, de chanter des vers en musique sans son autorisation écrite. Tout au plus, Molière parvient-il à arracher au roi, six mois avant sa mort, le droit d’utiliser six chanteurs et douze violons. Bien plus, quelques mois plus tard, après les réactions de la troupe, un second privilège attribue la propriété d’une œuvre écrite en collaboration, comme une Comédie-ballet, au seul Lully. Le « faquin de Florence », comme l’appelle Jacques Copeau, continue ses intrigues après la disparition de Molière et fait interdire aux comédiens l’emploi de plus de deux voix et de six violons. Lully adopte la même attitude intrigante et mesquine face à Marc-Antoine Charpentier, tenant de la musique italienne, dont il combat sans relâche la renommée grandissante.

On doit à sa collaboration avec Molière : Le Mariage forcé, L’Amour médecin, la Pastorale comique, George Dandin, Monsieur de Pourceaugnac, Les Amants magnifiques, et surtout Le Bourgeois gentilhomme. (Voir C.E.J. Caldicott La Carrière de Molière entre protecteurs et éditeurs, Amsterdam-Atlanta, Rodopi, 1998 et Philippe Beaussant Lully ou le musicien du soleil, Paris, Gallimard, 1992).