Molière
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Molière de A à Z

Luttes

Molière, on le sait, passe une grande partie de son temps à se défendre des attaques diverses dont il est l’objet à partir du moment où il se met à faire la satire de ses contemporains et, surtout, à dénoncer le mal qui ronge la société de son temps, l’hypocrisie*. Dès son arrivée à Paris, en 1658, la troupe doit se faire un public, ce qui suscite évidemment l’hostilité des comédiens du Marais, puis de ceux de l’Hôtel de Bourgogne. Alors qu’il essaie d’imposer un jeu et une diction naturels dans le genre tragique, on le fait passer pour un acteur médiocre, simple mime et farceur. Molière rend coup pour coup — y compris en faisant des « applications » —, mais souffre des ragots que l’on fait sournoisement courir sur sa vie privée, notamment sur son mariage avec Armande Béjart. Le premier conflit naît avec le succès des Précieuses ridicules, œuvre qui suscite le mépris des auteurs rivaux, tels que Thomas Corneille, dont voici le jugement : « Le grand monde qu’ils ont eu à leur farce des Précieuses fait bien connaître qu’ils ne sont propres qu’à soutenir de semblables bagatelles. » Ensuite, le ton monte et, à l’occasion de L’École des femmes, et de la querelle qui s’ensuit, ses ennemis se déchaînent : on l’accuse d’obscénité et surtout de manque de respect à l’égard du mariage, et donc de la religion. Les dévots, voyant en lui un libertin dont l’influence sur le roi grandit dangereusement, entrent finalement en lice de façon plus organisée, frappant un grand coup avec « l’affaire du Tartuffe », que la Compagnie du Saint Sacrement de l’Autel fait interdire dès 1664 jusqu’en 1669, malgré les efforts de l’auteur ; et, alors que se ranime la vieille Querelle de la moralité du théâtre, Molière doit se défendre contre l’accusation d’athéisme militant, plus grave encore que celle de libertinage.

Il n’est pas douteux que la nature extrêmement violente de ces conflits contribue a aggraver la maladie dont le dramaturge est frappé, et que l’affaire du Tartuffe marque un moment important dans sa carrière après lequel, devenu protégé du souverain, il abandonne le terrain de la morale politique pour orienter ses œuvres, en fonction des vœux du souverain, vers la comédie-ballet.