Molière
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Molière de A à Z

Mariage

Molière épouse Armande Béjart, fille de Madeleine, de vingt ans sa cadette, le 20 février 1662, à Saint-Germain l’Auxerrois, et il en aura trois enfants. Grimarest évoque les difficultés que ne peut manquer d’entraîner une situation aussi délicate.

Molière avait passé des amusements que l’on se fait avec un enfant à l’amour le plus violent qu’une maîtresse puisse inspirer. Mais il savait que la mère avait d’autres vues, qu’il aurait de la peine à déranger. C’était une femme altière et peu raisonnable, lorsqu’on n’adhérait pas à ses sentiments : elle aimait mieux être l’amie de Molière que sa belle-mère... La mère donna des marques de fureur et de désespoir, comme si Molière avait épousé sa rivale, et comme si sa fille fût tombée entre les mains d’un malheureux. Néanmoins, il fallut bien s’apaiser, il n’y avait point de remède ; et la raison fit entendre à la Béjart que le plus grand bonheur qui pût arriver à sa fille était d’avoir épousé Molière.

De leur côté, les ennemis de Molière, et notamment les comédiens de l’Hôtel de Bourgogne, rivaux de la troupe, médisent de ce mariage, faisant courir le bruit que Molière a épousé sa propre fille, ce qui est sans fondement, comme l’a établi Georges Couton (“ L’Etat civil d’Armande Bejart, femme de Molière : ou, historique d’une légende ”, Revue des Sciences Humaines, 115 : 311-351. 1964) ; Louis XIV fait taire ces calomnies en devenant, en janvier 1664, le parrain de Louis, le premier fils de Molière. Bien qu’on n’ait aucune preuve des infidélités d’Armande, il est clair que le ménage ne va pas bien, ce que Molière prend, selon le même Grimarest, avec une certaine philosophie : « Il se mettait peu en peine des humeurs de sa femme, qu’il laissait vivre à sa fantaisie, quoiqu’il conservât toujours pour elle une véritable tendresse. Cependant ses amis essayèrent de les racommoder ou, pour mieux dire, de les faire vivre avec plus de concert. Il y réussirent ; et Molière, pour rendre leur union plus parfaite, quitta l’usage du lait qu’il n’avait point discontinué jusqu’alors, et il se mit à la viande. » Le ménage ne vit pas pour autant dans le bonheur, et, à la mort de Molière, le comte de Limoges peut écrire : « Je crois que personne n’en sera moins affligé que sa femme. »