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Molière de A à Z

Metteur en scène

On peut légitimement dire que Molière est l’inventeur de la mise en scène, dans la mesure où il subordonne le jeu de chaque comédien à l’effet d’ensemble de la représentation, créant par là-même la notion de mise en scène dont on ne ressentait pas la nécessité auparavant. On le voit expliquer avec précision les rôles qu’il distribue à ses camarades dans L’Impromptu de Versailles, témoignage unique et émouvant de son activité d’auteur, de metteur en scène, de chef de troupe, et son exigence ne manque pas de frapper ses contemporains. « Un coup d’œil, un pas, un geste, tout y était observé avec une exactitude qui avait été inconnue jusque là sur les Théâtres de Paris », rapportent La Grange et Vivot dans la préface de l’édition de 1682. De son côté, Donneau de Visé écrit dans ses Nouvelles nouvelles, à propos de la représentation de L’École des femmes : « Jamais comédie ne fut si bien représentée, ni avec tant d’art, chaque acteur sait combien il doit faire de pas, et toutes ses œillades sont comptées ».

Il est certain d’autre part que Molière écrit ses pièces en tenant compte des emplois et de la distribution des rôles qu’il imagine, suivant les qualités et particularités de chaque comédien. La perfection qui en résulte frappe ses contemporains : « Il a encore eu le don de distribuer si bien les personnages et de les instruire ensuite si parfaitement qu’ils semblaient moins des acteurs de comédie que les vraies personnes qu’ils représentaient », écrit Perrault. C’est ainsi qu’il se réserve les rôles comiques, lui qui excelle dans l’art du mime, que La Flèche boîte comme Louis Béjart, que Zerbinette et Nicole rient souvent, ce que faisait merveilleusement Mlle Beauval, que Marinette et Dorine ont l’humeur franche et vive de Madeleine Béjart, que la rondeur de Gros René est due à celle de Du Parc, et qu’Harpagon tousse comme Molière.

À propos de ses théories sur l’art du comédien, L’Impromptu de Versailles est riche d’indications précieuses à nos yeux sur la manière dont il conçoit le jeu et la diction de ses comédiens, puisqu’il se met lui-même en scène durant une répétition de la troupe. Prêchant la vérité et le naturel, il insiste sur la nécessité pour chacun d’entrer dans le caractère de son personnage. Il prend la peine d’évoquer ainsi avec précision chez les poètes : « […] cet air pédant qui se conserve parmi le commerce du beau monde, ce ton de voix sentencieux et cette exactitude de prononciation qui appuie sur toutes les syllabes », ou encore les attitudes de l’homme de Cour, qui doit : « prendre un air posé, un ton de voix naturel, et gesticuler le moins qu’il […] sera possible. »