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Molière de A à Z

Protecteurs

Cette pratique du protectorat permettant à une troupe de porter un nom illustre et parfois de bénéficier de pensions, est, heureusement pour le théâtre, fort répandue chez tous les princes du sang, les membres de la famille royale et les gouverneurs de provinces. De plus, le français étant au XVIIe siècle la langue diplomatique, plus de vingt souverains et princes étrangers, jusqu’aux électeurs de Bavière, protègent leur troupe française.

Le premier protecteur de Molière, si l’on excepte la période durant laquelle il parcourt la province dans la troupe de Charles Dufresne, alors protégée par le duc d’Épernon, est le Prince de Conti, le troisième personnage de l’État, qu’il a connu et probablement aidé dans ses études au Collège de Clermont, selon Jean Vivot. Frère du Grand Condé, c’est un personnage puissant, qui, de surcroît, a épousé une nièce de Mazarin. Ayant invité la troupe de Molière à donner la comédie à Pézenas, en 1653, il se lie avec Molière, exprime le désir de le garder auprès de lui comme secrétaire et lui accorde sa protection ; sa cour est alors remplie de brillants esprits tels que l’abbé de Cosnac, l’abbé Voisin, Guilleragues, Sarasin, Gourville et Voiture. La troupe revient jouer deux ans de suite à l’occasion des États Généraux du Languedoc, mais la brutale et spectaculaire conversion du prince, en 1656, en fait l’un des membres les plus puissants de la fameuse Compagnie du Saint-Sacrement, qui, au nom de l’Église, cherche à nuire au théâtre et aux comédiens. Les États de Languedoc cessent d’offrir des billets de faveur pour le théâtre à ses membres, et toutes les subventions accordées aux troupes sont supprimées. Conti mène une lutte sans merci contre les comédiens et Racine rapporte même qu’une troupe est contrainte de se réfugier rapidement en Provence pour échapper à sa fureur.

De retour à Paris, Molière joue des relations qu’il s’est faites en Languedoc chez les fidèles de Gaston d’Orléans : Monsieur, frère du Roi, accorde sa protection à la troupe, en 1658, grâce à l’intervention de son précepteur, La Mothe Le Vayer, disciple de Gassendi et de son aumonier, qui a assisté à ses spectacles chez le Prince de Conti. Monsieur présente Molière au roi et à la Reine mère, et, plus tard, quand Molière aura fait parler de lui et sera bien connu du milieu de la haute aristocratie grâce à ses « visites », Louis XIV exprimera, en 1665 à Saint-Germain-en-Laye, son désir de voir la troupe de Molière lui appartenir, lui accordera une pension et lui donnera le titre de Troupe du Roi au Palais-Royal.