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Molière de A à Z

RACINE, Jean

Racine fait à plusieurs reprises preuve d’inélégance à l’égard de Molière : alors qu’il n’est encore qu’un auteur inconnu proposant sa première pièce, La Thébaïde, Molière lui fait une faveur en lui accordant deux parts, au lieu d’une seule selon l’usage, sur la recette de la représentation (Voir Contrat). Malgré ce geste, Racine, peut-être mécontent de la diction de ces comédiens, donne son Alexandre à l’Hôtel de Bourgogne, sans même prévenir Molière, qui a toutes les raisons de lui en garder rancune. La Grange rapporte l’événement dans son fameux registre : « La troupe fut surprise que la pièce d’Alexandre fût jouée sur le théâtre de l’Hôtel de Bourgogne. Comme la chose s’était faite de complot avec M. Racine, la troupe ne crut pas devoir les parts d’auteur à M. Racine qui en usait si mal que d’avoir donné et fait apprendre la pièce aux autres comédiens. » Plus tard, Racine entraîne la comédienne, Marquise Du Parc, dont il est l’amant, à l’Hôtel de Bourgogne, le théâtre rival, qui fait mieux valoir à ses yeux les vers tragiques. Enfin, on le voit, vers la fin de sa vie, condamner « les scandales de sa vie passée », changer d’attitude à l’égard du théâtre, en interdire l’accès à son fils, et même se réjouir de façon peu élégante des difficultés immenses que rencontrent les comédiens pour trouver un théâtre en 1687, à la fermeture de l’Hôtel Guénégaud.

Pour autant, Racine respecte le talent de Molière : « Le lendemain de la première représentation du Misanthrope, qui fut très malheureuse, raconte Louis Racine, un homme, qui crut faire plaisir à mon père, courut lui annoncer cette nouvelle, en lui disant : “La pièce est tombée, rien n’est si froid ; j’y étais. — Vous y étiez, reprit mon père, et je n’y étais pas ; cependant je n’en croirai rien, parce qu’il est impossible que Molière ait fait une mauvaise pièce. Retournez-y, et examinez-la mieux”. » De la même manière, Molière ne se trompe pas sur la valeur de son rival : « Aux deux premières représentations [des Plaideurs], les acteurs furent presque sifflés et n’osèrent hasarder la troisième. Molière, qui était alors brouillé avec lui, alla à la seconde, mais ne se laissa pas entraîner au jugement de ceux de la ville, et dit en sortant que ceux qui se moquaient de cette pièce méritaient qu’on se moquât d’eux », écrit le même Louis Racine.