Molière
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Molière de A à Z

Rythme

Cette notion, particulièrement difficile à définir, comme le souligne Paul Valéry, joue un rôle capital au théâtre. Le rythme est partout chez Molière : à l’échelle d’une œuvre, c’est tantôt comme dans Le Bourgeois gentilhomme, la disposition des intermèdes chantés ou dansés de la comédie-ballet qui rythme le spectacle ; tantôt, comme dans George Dandin ou L’École des femmes, c’est la répétition d’un schéma narratif qui remplit cette fonction.

À l’échelle du langage, Molière sait bien que le rythme confère une assise solide au texte parlé, et qu’il permet une bonne respiration au comédien. À certains moments le rythme est volontairement mécanisé, exhibé par la structure d’un ballet de paroles. À d’autres moments, les effets sont moins apparents mais ils n’en sont pas moins fortement marqués par une structure syntaxique, en prose comme en vers (ici un système clos de coordination que… que… et que) :

Je sais que sur les vœux on n’a point de puissance, Que l’amour veut partout naître sans dépendance, Que jamais par la force on n’entra dans un cœur, Et que toute âme est libre à nommer son vainqueur. (Le Misanthrope, IV, 3.)

Et ailleurs, en revanche, l’effet se fait plus discret et plus incantatoire, et il n’apparaît que si l’on modifie la typographie du texte, car il tient à la longueur sensiblement égale des segments :

C’est un art de qui l’imposture est toujours respectée, et quoiqu’on la découvre, on n’ose rien dire contre elle. Tous les autres vices des hommes sont exposés à la censure, et chacun a la liberté de les attaquer hautement, mais l’hypocrisie est un vice privilégié, qui de sa main ferme la bouche à tout le monde, et jouit en repos d’une impunité souveraine. (Dom Juan, V, 2.)