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Molière de A à Z

VIVOT, Jean

(1613-1690). La personnalité de cet ami de Molière, longtemps méconnu, au point que son nom même a été déformé en Vinot, se précise à nos yeux grâce aux récentes recherches de M. Jean Mesnard (“ Jean Vivot, ami, éditeur et biographe de Molière, 1613-1690 ”, Mélanges en hommage à Robert Garapon, Paris, PUF, 1992). Ce personnage, affable et parfait honnête homme, est issu d’une famille de riches marchands, donc d’un milieu social proche de celui des Poquelin. Son père, Nicolas, est orfèvre, mais aussi collectionneur d’œuvres d’art et surtout de peinture, puisqu’il possède des œuvres de très grands maîtres tels que Rubens, Brueghel, père et fils, Le Titien, Le Tintoret, Véronèse, Raphaël, Dürer. Les deux familles, vivant dans le quartier des Halles, sont en outre voisines : les Vivot habitent rue de l’Arbre sec, alors que la famille Poquelin a son domicile rue Saint-Honoré. De sorte qu’en 1643, quand Molière crée L’Illustre Théâtre, les deux jeunes gens ont toutes les chances de se connaître, ce qui nous invite à accorder grand crédit aux informations biographies relatives à la jeunesse du dramaturge, contenues dans la Préface de l’édition de 1682.

De surcroît, Vivot et Molière sont ensuite collègues : le premier achète une charge de Contrôleur d’office de la Maison du Roi, charge qu’il n’occupe que par quartiers, c’est-à-dire par trimestre, mais il doit certainement rencontrer Molière, lui-même possesseur d’une charge de Tapissier valet de chambre du Roi. Vivot est donc bien placé pour écrire au sujet de son ami, dans la préface, que « Son exercice de la comédie ne l’empêchait pas de servir le Roi dans sa charge de valet de chambre, où il se rendait très assidu. » Il est également probable que Vivot ait été le témoin attentif, dans la Salle des Gardes du Vieux Louvre, le 24 octobre 1658, de la fameuse représentation théâtrale de Nicomède, puis du Docteur amoureux donnée par Molière, d’autant que le co-éditeur La Grange ne fait pas encore partie de la troupe.

Enfin, les deux hommes sont assurément liés par un même amour de la scène : Jean Nicolas de Tralage, amateur de théâtre bien informé, dit de Vivot qu’il « était des amis intimes de l’auteur [Molière] et qu’il savait presque tous ses ouvrages par cœur. » Et on le voit en effet conserver et transmettre les textes de Molière non encore imprimés, y compris ceux qui n’ont plus d’actualité théâtrale, tels que Dom Garcie de Navarre et Dom Juan. On peut aussi imaginer que, plus tard, lorsque Molière joue au Théâtre du Petit-Bourbon ou du Palais-Royal, Vivot, qui réside non loin de ces théâtres, suit avec fidélité les représentations de la troupe.